C'est parti pour le blog de "la promise"...Idée séduisante que de pouvoir exposer mes idées et mon travail à des femmes ou des hommes n'évoluant pas du tout dans ma sphère de gravité. Le mythe de l'anonymat public va pouvoir gagner ma musique. Atteindre virtuellement par des mots et des notes un interlocuteur dont je ne sais rien et qui ne connait pas ma vie jusqu'alors. Casser les barrières géographiques ou culturelles...
Par antoine L
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Question récurrente ou tout au moins larvée dans beaucoup de discussions au sujet de mon album
La réponse ? Il ny en a pas ! Certaines personnes essaient à tout prix de voir dans mes textes des tranches de vie réelles quelles auraient pu connaître, de mettre des visages et des prénoms sur les personnes évoquées dans mes chansons. Or ces chansons, même si elles sont souvent issues de ma vie, peuvent aussi découler dun imaginaire absolu ou de faits divers et variés. En tout cas le message ne dépend pas du contexte dans lequel elles ont été écrites. La meilleure preuve men est toujours apportée par des personnes que je ne connais pas et qui découvrent mes textes en les lisant pour eux et non pour moi.
Un artiste cherche avant tout à toucher, à émouvoir. Quant aux méthodes, elles lui appartiennent : on ne ma pas encore demandé pourquoi je passais dun accord de septième mineur à un onzième diminué au lieu demployer un majeur
Alors pourquoi vouloir savoir à qui je pensais en couchant ces mots sur le papier
? La vie fantasmée de l'artiste dépend aussi de son côté fantasmatique...
Par antoine L
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...et Doriand de me répondre : "pas assez pour le crier sur les toits"...et bien si! Je le crie haut et fort, de toute façon c'est comme ça. Je me range plutôt du côté des Delerm ou Biolay question vocalises et je l'assume. Avec pour mot d'ordre la cohérence, principal moteur de mes messages.
Par antoine L
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A la recherche de la nouvelle « Star », « Star » Academy…les étoiles ne sont décidemment pas seulement au dessus de nos têtes. Aujourd’hui on aspire avant tout à devenir une « star ». Comment ? Peu importe ! Regardez la télé qui nous abreuve l’esprit de tours de magie faisant éclore des jeunes jusque là inconnus - qui pour la plupart le redeviendront bien vite – pour les balancer sans transition sous les feux de la rampe télévisuelle. Ecoutez les chanter : voix impeccables, tous clonés depuis des années à l’identique, mises en scène théâtrales qui effacent bien vite les malaises intérieurs de ces jeunes en quête d’une identité centrée sur quatre lettres (prononcez à l’américaine s’il vous plaît) : S.T.A.R. La psychiatrie pourrait s’intéresser au (potentiellement lucratif) syndrome post-starification : après les cliniques privées engagées dans la lutte contre les cyber-dépendances, je propose de traiter en aval de ce succès éphémère les star-dépendances ! Dépassements d’honoraires payables à l’avance après signature d’un contrat (le deuxième en quelques mois), la base des soins étant bien évidemment remboursée par notre bonne vieille Sécurité Sociale…Evidemment le cadre de la clinique doit être irréprochable : un château constituerait un bon environnement propice à la guérison et surtout évitant un trop grand dépaysement.
L’hebdo de la FNAC n°32 titre en couverture : « 7 étapes pour devenir une Star ». Surprenant de la part d’une enseigne qui accompagne pourtant les jeunes auto-produits bien loin de ce star-système. Mais pas tant que ça : c’est un sujet porteur et vendeur. Témoignages à l’appui, de jeunes nouvelles stars nous y livrent leurs conseils essentiels et superflus pour faire le jeu du « journaliste » (un commercial d’après moi), et surtout éviter que leurs ventes de disques ne descendent en flèche.
Car il faut y croire : vous voulez être Star ? 7 étapes suffisent, c’est si simple.
Ah oui « la qualité », « le travail », « les remises en question », « les échecs », « le temps »…oubliez ces maux d’artistes trop perfectionnistes, suivez le guide et gérez avant l’heure votre carrière ! Parlez de « manager », de « producteur », de « signature », de « gestion », car là sont les réelles problématiques des stars. Bref soyez une star avant d’être artiste !
Amis artistes, vous qui n’avez cesse de vous faire plaisir, de livrer votre combat, de crier votre engagement, de chanter votre vision de la vie, de travailler jour et nuit la matière ou la technique de ce qui vous permet de vous exprimer, restez créatifs ! Face à la bassesse du star système, nous constituerons toujours le dernier rempart d’une création essentielle, authentique et vraie…Les étoiles sont si belles dans le ciel quand on sait les regarder !
Par antoine L
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Pour les novices, en musique, la modélisation consiste à recréer un son – et tous les paramètres qui lui sont associés (hauteur, durée, effets etc.) -. En gros, il s’agit d’ « imiter » au mieux le son d’un instrument ou le grain d’un ampli en reproduisant ses caractéristiques physiques à l’aide d’une interface numérique, comme un synthétiseur. Nous sommes en 2006 dans une ère de création que je trouve finalement toute relative : nos ingénieurs s’acharnent à reproduire l’existant. Littéralement « re-créer ».Et non plus créer.
Roger Waters, l’un des leaders du Pink Floyd de la grande époque, estime que la dernière réelle innovation technologique en matière de son est l’électrification de la guitare par Les Paul dans les années 50. N’exagérons rien ! Mais l’idée y est. De mon point de vue il y aurait d’autres étapes : l’apparition des pianos électriques puis des synthétiseurs dont les performances sont effroyablement stimulantes…Bon le numérique a rendu le home studio accessible à tous, je le concède. Mais pouvons nous nous targuer d’avoir conçu récemment un instrument, numérique ou non, qui traversera les années voire l’histoire comme une Fender Stratocaster des années 50 ou un Rhodes qui s’arrache encore à prix d’or quelque soit son état ? Probablement pas ! Toutes ces cartes sons et ces modules digitaux finiront un jour au fin fond d’une casse informatique polluante.
Revenons-en à la symbolique pure : nous nous efforçons donc d’imiter, avec un souci de perfection inégalé, des instruments crées il y a des années. Nous essayons de reproduire le sons des vieux amplis à lampe enterrés prématurément. Le fameux vrai premier synthétiseur analogique, le mini-Moog a été modélisé des dizaines de fois sous format informatique. Mais son charme ne venait-il pas du feeling de jeu associé à l’énorme son qu’il délivrait ? Posez vos mains de pianiste sur un Wurlitzer et vous comprendrez cette « touch », ce contact qui fait la différence avec un clavier en plastique froid et vide.
D’un côté la Chine permet à tout européen de se procurer la copie d’un instrument de prestige à bas prix. De l’autre le musicien professionnel exigeant recherche et fouine jusqu’à dénicher la perle rare issue d’une autre époque...
Notre époque est elle en manque d’esprit créatif ? Après les appareils photo et les instruments, allons nous aussi modéliser les animaux en voie de disparition pour ne pas les oublier ? Les goûts répertoriés des cuisines du monde avant la disparition de certaines espèces de fruits ou de légumes ? Sommes-nous arrivés au bout d’une logique de création qui fait que nous ne cherchons finalement qu’à améliorer ce qui existe ? L’authenticité sera-t-elle modélisée un jour… ?
J’espère que les lecteurs ayant connu les années 60-70 se souviennent : par opposition au registre sensitif de cette époque, nous ne pesons pas bien lourd avec notre numérique…
Par antoine L
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