autoproduction : mode d'emploi

Dimanche 17 juillet 2005 7 17 /07 /2005 00:00

Avant d’aborder l’autoproduction, il est nécessaire d’évoquer cette étape que l’on associe souvent au milieu du show-biz, à l’argent et aux  frasques du monde de la musique : la production. Le producteur représente souvent dans notre imaginaire cet homme obscur et riche qui tire les ficelles dans l’ombre d’un artiste qui n’est rien sans lui…Cette image est probablement vérifiée pour la plupart des artistes qui signent des contrats avec les Majors (autrement dit les quelques maisons de disques toutes puissantes de la planète). Le rôle du producteur est alors de miser sur un artiste qu’il va essayer de lancer ou de pérenniser dans le temps, en apportant les finances et le carnet d’adresse. Moyennant quoi le musicien qui ne connaît rien aux gros sous - et aux dessous - du monde de la musique va « signer » un contrat dans lequel il accepte de reverser une (importante) partie des ventes de ses albums ou des recettes de ses concerts à ce fameux producteur. D’où l’enrichissement de certains producteurs ayant eu la clairvoyance de miser sur de bons chevaux. D’où aussi l’infortune de certains musiciens qui ont vu une grosse partie de leurs revenus leur échapper, aveuglés par l’aura des maisons de production…

Le concept d’autoproduction est initialement né de la déception d’artistes renommés, qui, ayant rompu leur contrat pour les raisons évoquées ont décidé de créer leur propre maison de production, d’être leur propre producteur, avant de devenir à leur tour celui des autres. Mais pour l’instant on reste toujours dans les hautes sphères…

Progressivement, et ce en grande partie grâce à la réduction des coûts d’enregistrement des albums, de la fabrication plus aisée des disques et des progrès technologiques avec l’avènement du numérique et du home studio, est apparue la « vraie » autoproduction. J’entends par ce terme l’autoproduction qui permet à des petits musiciens inconnus d’accéder à leur réalisation à moindre coût, sans dépendre d’une tierce personne. Et donc d’économiser pas mal d’argent en réduisant les intermédiaires. C’est un statut désormais reconnu, et la tribu des autoproduits ne cesse de grandir et de devenir influente. De nombreux artistes indépendants ont conquis un public local puis national en démarrant par l’autoproduction.

En résumé autoproduction rime, pour un musicien ou un chanteur, avec démocratisation et indépendance.

Par antoine L - Publié dans : autoproduction : mode d'emploi
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Dimanche 17 juillet 2005 7 17 /07 /2005 00:00

Une fois le cadre « administratif » mis en place, à savoir le choix de l’autoproduction, le travail technique peut commencer. Le groupe ou l’artiste doit être prêt pour l’étape suivante : l’enregistrement de l’album.

Concrètement, et selon les budgets, il existe deux types de studios qui présentent chacun leurs avantages : le studio professionnel ou le home studio. Mais finalement la valeur de l’album réalisé dépendra moins du type de studio que de sa qualité. A vous de faire le bon choix !

 

 L’option studio pro tout d’abord…Le principe est simple : vous payez une prestation auprès de professionnels de la musique, qui, selon le type de matériel et les services fournis, réalisent votre CD pour un coût très variable. En principe quelques jours suffisent à faire les prises de son si le groupe est bien rodé dans son répertoire. L’énorme avantage de cette solution est de n’avoir - en tant qu’artiste - à se soucier que de la partie musicale pure, le côté technique étant géré par l’ingénieur du son. Il existe de nombreux studios en France ; vous prouvez en trouver une liste exhaustive sur le site www.delamusic.com. Sachez également qu’un studio peut vous fournir des prestations sur mesure : vous pouvez choisir de faire faire les prises de son par un studio, le mixage et le mastering par un autre etc. Enfin, autre avantage, certains studios d’enregistrement disposent de leurs propres instruments, notamment les pianos à queue qualité concert, ce qui peut s’avérer un facteur de qualité indéniable lorsqu’on ne peut se payer ce type d’instruments.

 

 L’option home studio quant à elle est une alternative intéressante à différents niveaux. Elle nécessite par contre une formation et une connaissance techniques poussées. Car, si les évolutions technologiques ont rendu accessibles des outils performants jadis réservés aux professionnels, il n’en reste pas moins capital de savoir les maîtriser pour en tirer le meilleur parti. Le budget est lui aussi très variable selon le matériel acquis ; le coût d’un home studio peut ne pas dépasser celui d’un enregistrement unique en studio pro ! A mon avis il faut concevoir son home studio de façon à laisser une place à l’évolutivité dans le temps. Un local insonorisé est également nécessaire. Je reviendrai plus tard en détail sur la fabrication de son home studio dans une rubrique dédiée. En attendant vous pouvez trouver de nombreux conseils dans la revue mensuelle Keyboard Recording et dans l’excellent guide pour débuter « Home studio » de F. Ernoud et D. Fortier aux éditions Dunod.

Par antoine L - Publié dans : autoproduction : mode d'emploi
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Vendredi 19 août 2005 5 19 /08 /2005 00:00

La prise de son et l’enregistrement

La prise de son constitue l’une des étapes clés de la réalisation d’un album puisque la qualité et  les séquences ultérieures vont entièrement en dépendre. Une mauvaise prise de son se répercutera sur l’enregistrement, et même les plus puissants processeurs d’effets ne pourront corriger les défauts sonores.

Il existe plusieurs façons d’enregistrer un instrument de musique ; les méthodes et les outils varieront selon les instruments ou la couleur sonore que l’on souhaite reproduire. L’idée étant d’obtenir un son de base le plus parfait possible sans avoir à y apporter un correctif dans un premier temps, comme une équalisation, qu’il vaut mieux, à mon avis, réserver au mixage. Les micros dits « de studio », à condensateur reproduisent, lorsqu’ils sont bien réglés, avec fidélités la source sonore originale. Les prises monophoniques concernent la voix, les guitares et les basses – dont on reprend souvent l’ampli bien qu’elles puissent être branchées en source directe -, les percussions, l’harmonica etc. Pour la stéréo, on utilise souvent des couples de micros pour reprendre les pianos, donnant ainsi plus de réalisme et de spatialité au son. Les micros dynamiques sont fréquemment utilisés pour enregistrer un à un les éléments d’une batterie. Quant aux synthétiseurs, expandeurs ou autres boites à rythmes, on les enregistre en source directe, ce qui permet de garder un rapport signal/bruit excellent.

La distance du micro à la source, la directivité du micro, son type (condensateur, électret, dynamique, à rubans…), sont autant de paramètres qui peuvent influer la nature du son enregistré. Et qu’il faudra donc intégrer en fonction de l’ambiance sonore que l’on souhaite créer.

A ce moment peuvent être insérés des effets (effets d’insertion) ; l’inconvénient est qu’ils seront immuables et donc définitifs sur l’enregistrement.

Chaque instrument sera enregistré sur une « piste » qui lui sera attribuée. Ainsi il est souvent nécessaire d’avoir plusieurs pistes de disponibles en fonction de la formation à enregistrer. Si 8 pistes peuvent suffire à réaliser un album (comme « Elephant » des White Stripe ou « Epures » de William Sheller), il n’est pas rare de devoir utiliser un studio possédant 16 ou 24 pistes pour se laisser de la latitude lorsque la formation le nécessite. L’emploi d’un studio multipiste permet d’accéder par la suite à l’édition du son, par le biais des autres étapes, notamment le mixage.

Le mixage

Le mixage est également une phase cruciale, et reste souvent floue dans l’esprit des artistes. C’est pourtant elle qui va caractériser un album et lui donner une orientation sonore globale. Le mixage doit son nom au fait que l’on « mixe » ensemble, que l’on superpose les différentes pistes enregistrées. On va donc affiner les différents paramètres sonores de chacune des pistes, et pas seulement les mélanger. En pratique, le travail s’effectue sur chaque piste indépendamment, puis on procède à la fin au mixage proprement dit avec le réglage des niveaux sonores.

L’équalisation s’inscrit directement dans la lignée de la prise de son ; elle permet de rajouter ou supprimer des basses, des médiums ou des aigus et ainsi compenser des défauts inhérents à un instrument ou au contraire amplifier ses caractéristiques.

On procèdera ensuite au réglage de la position des pistes dans l’espace. Le plus souvent il s’agit de la stéréophonie (réglage des « pans ») : on peut déplacer une source sonore plus ou moins à droite ou à gauche selon l’effet escompté. Les studios d’enregistrements numériques permettent même de réaliser des ambiances surround en 5.1, intéressantes pour les BO de films. La quadraphonie avait timidement pointé son nez dans les années 70, mais n’est guère plus usitée (la tournée et l’album « Animals » de Pink Floyd employaient une console analogique révolutionnaire qui créait un surround en quatre points).

On peut aussi rajouter des effets sur chaque pistes lors du mixage ; contrairement aux effets d’insertion, ils pourront être modifiés à souhait car enregistrés sur des pistes de mixage spécifiques, indépendantes des pistes d’enregistrement. C’est à mon avis l’étape idéale pour embellir le son par les effets. La dynamique du son pourra être influencée par les compresseurs et les expandeurs. Quant à leur enveloppe, les réverbes, chorus, delay ou autres flangers feront le reste…

Enfin le mixage se terminera par le réglage des niveaux sonores, dans un premier temps piste par piste, puis toutes ensemble, pour obtenir l’équilibre souhaité entre les instruments, sans qu’aucun son ne sature.

Le morceau possède à ce moment précis ses caractères essentiels et sa couleur propre.

Le mastering

Ultime étape de la réalisation du CD, elle état encore réservée aux professionnels il y a peu. Mais l’avènement du numérique l’a rendue accessible aux home studistes bien équipés. Le mastering doit son nom au fait qu’il aboutit à la création d’un « master », c’est-à-dire un support prêt à la reproduction en grande série pour la commercialisation. Il s’agit en fait d’un procédé d’ « enrobage » sonore qui consiste en fait en une série d’effets et de réglages sur le son pour, au final, aboutir à un niveau sonore excellent, proche de 0 dB.

Mais attention, si les programmes informatiques ou même les petits studios d’enregistrement hardware proposent des programmes alléchants, la masterisation n’en reste pas moins une étape à part entière pour laquelle des compétences en matière technique et acoustiques sont indispensables. Car si une masterisation bien faite peut métamorphoser la qualité sonore d’un album, à l’inverse, l’excès d’effets peut complètement noyer le son.  N’oublions pas que des albums qui font encore référence aujourd’hui, tels « Abbey Road » des Beatles ou « The dark side of the moon » des Pink Floyd ne connaissaient pas la masterisation ! La poussée de re-masterisation des albums qui accompagne notre époque est avant tout de nature commerciale et cherche à faire vendre des albums que nous possédons déjà dans leur version originale sans en changer pour autant le cours des choses…

Le master est donc l’épreuve ultime de l’album, qui va être envoyée à la gravure pour la duplication en grande série. Les Glass Master fabriqués sont des sortes d’épreuves négatives permettant une reproduction industrielle de bien meilleure qualité que la duplication informatique des CD que nous connaissons. Les CD ainsi fabriqués auront une meilleure résistance et une plus grande durée de vie dans le temps. Il existe deux modes de masterisation : le TAO (track at once, comprenez morceau par morceau) et le DAO (disc at once, qui masterise l’ensemble de l’album d’une pièce, évitant ainsi les erreurs lors de la création du Glass Master). J’ai personnellement opté pour un mode TAO qui m’a donné plus de souplesse pour la masterisation de mes morceaux acoustiques au piano seul en regard de morceaux plus complexes sur le plan instrumental.

 

Maintenant à vous de jouer…et d’enregistrer !

Par antoine L - Publié dans : autoproduction : mode d'emploi
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Mercredi 2 novembre 2005 3 02 /11 /2005 00:00

Une fois le master crée, c’est-à-dire l’original de l’album dans sa version définitive, tout est prêt pour la reproduction en plus ou moins grande série. A ce stade l’essentiel du travail de création est déjà réalisé et seules des étapes d’ordre technique ou administrative subsistent.

En France, la reproduction d’un album en vue d’une commercialisation ou d’une diffusion, est soumise à des autorisations apposées par un organisme, la SDRM – Société pour l’Administration du Droit de Reproduction Mécanique -. C’est cet organisme qui autorise la société de pressage à dupliquer les CD’s.

Une fois votre album fin prêt donc, vous devez effectuer une déclaration à la SDRM. Pour plus de simplicité, il existe un formulaire que l’on peut aisément remplir en ligne, ce qui accélère considérablement la procédure. Ce formulaire comporte une partie administrative, une partie relative à la commercialisation de l’album (type de production, nombre d’exemplaires destinés à la vente etc.) et une dernière partie constituant la fiche d’identité des morceaux, un par un (titre, durée, numéro de plage, auteur...).

Ce formulaire rempli et dûment  retourné, il ne vous reste qu’à attendre l’avis d’une commission qui attribuera à l’œuvre un numéro de série propre. Et c’est ce numéro qui va autoriser la société de reproduction à presser le CD.

Le choix de la société de reproduction devra tenir compte de différents facteurs : le coût global évidemment, mais aussi la qualité du service, la proximité (une livraison peut coûter très cher). Vous pouvez faire réaliser des devis comparatifs en ligne, mais attention chaque prestation se paie ! Ainsi une duplication informatique – conseillée pour les petites séries -sera moins onéreuse qu’un pressage avec glass master, mais la longévité du disque sera moins bonne. Plus le livret comporte de subtilités graphiques, plus il est cher. Le prix de revient unitaire final dépendra du nombre et du coût des prestataires que vous aurez employés à chaque étape : enregistrement, mixage, mastering, artwork, etc. Personnellement j’ai réalisé entièrement mon album que j’ai fait presser par la société Duplimédia. Le tarif unitaire est bien évidemment dégressif en fonction de la quantité à reproduire.

Par antoine L - Publié dans : autoproduction : mode d'emploi
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