Vendredi 19 août 2005
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La prise de son et l’enregistrement
La prise de son constitue l’une des étapes clés de la réalisation d’un album puisque la qualité et les séquences ultérieures vont entièrement en dépendre. Une mauvaise prise de son se répercutera sur l’enregistrement, et même les plus puissants processeurs d’effets ne pourront corriger les défauts sonores.
Il existe plusieurs façons d’enregistrer un instrument de musique ; les méthodes et les outils varieront selon les instruments ou la couleur sonore que l’on souhaite reproduire. L’idée étant d’obtenir un son de base le plus parfait possible sans avoir à y apporter un correctif dans un premier temps, comme une équalisation, qu’il vaut mieux, à mon avis, réserver au mixage. Les micros dits « de studio », à condensateur reproduisent, lorsqu’ils sont bien réglés, avec fidélités la source sonore originale. Les prises monophoniques concernent la voix, les guitares et les basses – dont on reprend souvent l’ampli bien qu’elles puissent être branchées en source directe -, les percussions, l’harmonica etc. Pour la stéréo, on utilise souvent des couples de micros pour reprendre les pianos, donnant ainsi plus de réalisme et de spatialité au son. Les micros dynamiques sont fréquemment utilisés pour enregistrer un à un les éléments d’une batterie. Quant aux synthétiseurs, expandeurs ou autres boites à rythmes, on les enregistre en source directe, ce qui permet de garder un rapport signal/bruit excellent.
La distance du micro à la source, la directivité du micro, son type (condensateur, électret, dynamique, à rubans…), sont autant de paramètres qui peuvent influer la nature du son enregistré. Et qu’il faudra donc intégrer en fonction de l’ambiance sonore que l’on souhaite créer.
A ce moment peuvent être insérés des effets (effets d’insertion) ; l’inconvénient est qu’ils seront immuables et donc définitifs sur l’enregistrement.
Chaque instrument sera enregistré sur une « piste » qui lui sera attribuée. Ainsi il est souvent nécessaire d’avoir plusieurs pistes de disponibles en fonction de la formation à enregistrer. Si 8 pistes peuvent suffire à réaliser un album (comme « Elephant » des White Stripe ou « Epures » de William Sheller), il n’est pas rare de devoir utiliser un studio possédant 16 ou 24 pistes pour se laisser de la latitude lorsque la formation le nécessite. L’emploi d’un studio multipiste permet d’accéder par la suite à l’édition du son, par le biais des autres étapes, notamment le mixage.
Le mixage
Le mixage est également une phase cruciale, et reste souvent floue dans l’esprit des artistes. C’est pourtant elle qui va caractériser un album et lui donner une orientation sonore globale. Le mixage doit son nom au fait que l’on « mixe » ensemble, que l’on superpose les différentes pistes enregistrées. On va donc affiner les différents paramètres sonores de chacune des pistes, et pas seulement les mélanger. En pratique, le travail s’effectue sur chaque piste indépendamment, puis on procède à la fin au mixage proprement dit avec le réglage des niveaux sonores.
L’équalisation s’inscrit directement dans la lignée de la prise de son ; elle permet de rajouter ou supprimer des basses, des médiums ou des aigus et ainsi compenser des défauts inhérents à un instrument ou au contraire amplifier ses caractéristiques.
On procèdera ensuite au réglage de la position des pistes dans l’espace. Le plus souvent il s’agit de la stéréophonie (réglage des « pans ») : on peut déplacer une source sonore plus ou moins à droite ou à gauche selon l’effet escompté. Les studios d’enregistrements numériques permettent même de réaliser des ambiances surround en 5.1, intéressantes pour les BO de films. La quadraphonie avait timidement pointé son nez dans les années 70, mais n’est guère plus usitée (la tournée et l’album « Animals » de Pink Floyd employaient une console analogique révolutionnaire qui créait un surround en quatre points).
On peut aussi rajouter des effets sur chaque pistes lors du mixage ; contrairement aux effets d’insertion, ils pourront être modifiés à souhait car enregistrés sur des pistes de mixage spécifiques, indépendantes des pistes d’enregistrement. C’est à mon avis l’étape idéale pour embellir le son par les effets. La dynamique du son pourra être influencée par les compresseurs et les expandeurs. Quant à leur enveloppe, les réverbes, chorus, delay ou autres flangers feront le reste…
Enfin le mixage se terminera par le réglage des niveaux sonores, dans un premier temps piste par piste, puis toutes ensemble, pour obtenir l’équilibre souhaité entre les instruments, sans qu’aucun son ne sature.
Le morceau possède à ce moment précis ses caractères essentiels et sa couleur propre.
Le mastering
Ultime étape de la réalisation du CD, elle état encore réservée aux professionnels il y a peu. Mais l’avènement du numérique l’a rendue accessible aux home studistes bien équipés. Le mastering doit son nom au fait qu’il aboutit à la création d’un « master », c’est-à-dire un support prêt à la reproduction en grande série pour la commercialisation. Il s’agit en fait d’un procédé d’ « enrobage » sonore qui consiste en fait en une série d’effets et de réglages sur le son pour, au final, aboutir à un niveau sonore excellent, proche de 0 dB.
Mais attention, si les programmes informatiques ou même les petits studios d’enregistrement hardware proposent des programmes alléchants, la masterisation n’en reste pas moins une étape à part entière pour laquelle des compétences en matière technique et acoustiques sont indispensables. Car si une masterisation bien faite peut métamorphoser la qualité sonore d’un album, à l’inverse, l’excès d’effets peut complètement noyer le son. N’oublions pas que des albums qui font encore référence aujourd’hui, tels « Abbey Road » des Beatles ou « The dark side of the moon » des Pink Floyd ne connaissaient pas la masterisation ! La poussée de re-masterisation des albums qui accompagne notre époque est avant tout de nature commerciale et cherche à faire vendre des albums que nous possédons déjà dans leur version originale sans en changer pour autant le cours des choses…
Le master est donc l’épreuve ultime de l’album, qui va être envoyée à la gravure pour la duplication en grande série. Les Glass Master fabriqués sont des sortes d’épreuves négatives permettant une reproduction industrielle de bien meilleure qualité que la duplication informatique des CD que nous connaissons. Les CD ainsi fabriqués auront une meilleure résistance et une plus grande durée de vie dans le temps. Il existe deux modes de masterisation : le TAO (track at once, comprenez morceau par morceau) et le DAO (disc at once, qui masterise l’ensemble de l’album d’une pièce, évitant ainsi les erreurs lors de la création du Glass Master). J’ai personnellement opté pour un mode TAO qui m’a donné plus de souplesse pour la masterisation de mes morceaux acoustiques au piano seul en regard de morceaux plus complexes sur le plan instrumental.
Maintenant à vous de jouer…et d’enregistrer !
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