Lundi 21 novembre 2005
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Adieu tristesse, ou comme son nom ne l’indique pas, les aventures lunesques d’un Arthur H fidèle à lui-même…La lune a certes de l’influence sur les marées, en tout cas elle doit en avoir sur Arthur H car c’est un thème récurrent dans tous ses disques.
Cet album nous plonge d’emblée dans la mélancolie joyeuse chère à H., au gré de musiques toujours aussi mélodiques, plus acoustiques que jamais. Adieu tristesse…pourtant quand H. la chante, la tristesse paraît tellement intégrée à nos vies qu’elle les rend belles. On se demande même ce qu’il entend par « tristesse »…En tout cas les invités de cet album ont leur place dans des chansons faites pour eux, sur mesure. La sublime Feist tout d’abord, qui nous plonge dans la nostalgie d’un Satie qui nous a tous bercés, qui évoque la fin d’un amour qui comme les gymnopédies, reste pourtant éternel. Puis –M- rentre en scène dans un duo masochiste et fantasque avec H : l’épopée héroïque de deux amis rêvant d’un farwest improbable. Le dernier intervenant, papa Higelin, est probablement le moins convainquant. Père et fils essayent tant bien que mal de se pardonner leurs loupés, leurs actes manqués, sans qu’il y ait toutefois le moindre regret dans leurs voix (ou plutôt leurs « voies »… ?). Un mot pour excuser le père : le voyage…mais le fils ayant choisi le même chemin, ni l’un ni l’autre ne sont crédibles.
H. nous incite au voyage aventurier façon Corto Maltès (une de mes idoles…), allant de Shangaï à New-York en passant par la lune et l’absurde tout en suivant une fantasmatique fille de l’est. Bref on rêve dans cet album, on imagine même être ce danseur équilibriste que fait vivre H. comme un marionnettiste.
Les arrangements sont d’une précision redoutable, intégrant les cordes sur des thèmes surannés, parfois lents, parfois rythmés. La basse est toujours structurante, donnant un côté soul à l’album. Quant à la voix de H…
Une réussite, un appel à la rêverie et au voyage intérieur.
Par antoine L
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Jeudi 24 novembre 2005
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11:08
Changement de direction puisque Xavier Rudd nous transporte en Australie. La musique australienne, métissée de culture aborigène et de folk, commence à gagner timidement la planète Europe. Xavier Rudd en est l’un des fervents ambassadeurs avec John Butler ou Mick Hart. Signe distinctif : c’est un homme-orchestre, au sens noble du terme. Il manie simultanément les didgeridoos, la guitare, les percussions, l’harmonica…tout en chantant entre temps ! A la première écoute de son album, rythmé et transcendant, j’imaginais trois musiciens zen embarqués dans un trip acoustique. Pas du tout ! Il est bel et bien seul à nous faire décoller.
Chaque morceau nous rappelle ce pays fascinant. Didgeridoos vibrants et graves, guitare folk - jouée parfois au bottle neck – surprenante, voix cassée et cuivrée, percussions jouées au pieds…tout un cocktail enivrant. Surtout inédit. Xavier n’a pas peur d’imposer de longs solos musicaux entre les textes, de casser les rythmes pour nous faire naviguer entre le folk cool et les rythmes tribaux. Ne fermez pas les yeux en l’écoutant ; ou alors préparez vous à un trip roots comme vous n’en n’avez jamais connu !
Par antoine L
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Vendredi 9 décembre 2005
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11:10
Choix un peu arbitraire que de présenter cet album de AIR plutôt qu’un autre, mais c’est celui du moment pour moi…Replaçons le dans son contexte. Il s’intercale entre la BO du film de Sofia Coppola, « The Virgin suicides » et « Talkie Walkie », sorti en 2004. Dès le premier morceau, j’ai eu l’impression - et la peur - que nos deux versaillais transformaient leur french touch en techno de circonstance. Mais non, les beats électro en resteront là et viendront même colorer le début du disque de façon enveloppante. Les amateurs de musique synthétique ne pourront que se retrouver dans ce qu’on pourrait appeler un autoportrait de Dunckel et Godin : « we are electronic performers »…Le reste de l’album se poursuit dans une densité impressionnante, retrouvant des sonorités analogiques utilisées dans leur précédent album, support de paroles très accessibles en anglais, mais aussi des ambiances purement acoustiques aux accents folk, avec la guitare ou l’harmonica. Le travail sur les basses et la batterie est comme toujours remarquable ; les mélodies nous dépaysent de leur naturel, ou plutôt nous projettent dans un univers hertzien où tout semble possible sur le plan musical. Un album riche et cohérent dont il paraît difficile de se lasser. Les anglais l’ont compris depuis longtemps d’ailleurs en propulsant AIR au plus haut niveau…
Par antoine L
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Dimanche 11 décembre 2005
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14:01
Un homme, une voix, un Rhodes…Voici le cocktail magique du singulier album de Camille Bazabaz « Sur le bout de la langue ». Et voilà un auteur qui s’affranchit vraiment des conventions, sur scène, comme en studio. Libre avant tout. Sans faux-semblants.
En matière d’introduction, Bazbaz nous plonge dans cette « infinie solitude » qui nous va si bien et qui sait aussi nous faire souffrir presque malgré nous. L’amour et ses déboires, ses faces cachées, il connaît. Ses mélodies légères nous enseignent, l’air de rien, l’art de profiter de l’instant présent, de le savourer dans ses moindres détails, dans ses moindres dilemmes. Il est bien sûr question d’une femme en filigrane : Bazbaz nous apprend à l’aimer en ayant « son petit cœur qui tangue » sur « le bout de la langue », en faisant « tout pour éviter » cette femme « fatale », et pour finir saôulé de « psychologie féminine », désabusé de n’être un professionnel ni de l’amour, ni de la vaisselle…Bref messieurs, pour nous, une très bonne leçon d’humilité ! Et pour les femmes – j’imagine -, Bazbaz comme séducteur intemporel…
Quant aux musiques, quoi de plus tranquille qu’un Rhodes soutenu par un Hammond ou un Moog ? Excusez-moi : pour ceux à qui cette dernière phrase ne parle pas, rendez-vous sur mon article traitant de l’histoire de la synthèse sonore !
Par antoine L
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Lundi 27 février 2006
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09:58
Si vous ne connaissez pas encore le monde virtuel de M, ce nouveau live, en CD comme en DVD, vous en donnera un bon aperçu. Grosse tournée, gros moyens, grandes salles, à l’image de sa « panoplie de mégalo ». On est loin du M des débuts et de l’atmosphère confinée de ses premiers albums studios. La « M mania » se résume finalement à des minettes partout, de plus en plus jeunes (à croire que l’hystérie collective est mûre à l’adolescence, rappelant les Beatles ou Bruel) et à un show démesuré autour d’un personnage haut en couleurs (dont le rose). M est un artiste de scène, c’est évident, mais les prestations les plus impressionnantes sur le plan artistiques sont plutôt celles de ses infatigables comparses, ses solos étant plutôt limités à des jeux d’effets et de notes assez redondants. Sans compter ses petits cris aigus et perçants à tout bout de champ (de chant… ?) assez stressants.
A part ça, l’homme est bien là, vivant, meneur, organisé, doué, complet. Les tubes et le show aussi. Que demander de plus, surtout quand on a eu la chance d’être sur scène avec lui le temps d’un Gimmik ou d’une danse…
Alors, à l’avenir : noyade dans l’ego ou naissance du Mathieu Chedid tant attendu? Autrement dit : « qui de vous deux » ?
Par antoine L
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